HENRIETTE CRESPEL (1874-1958) & SPERANZA CALO-SÉAILLES (1885 - Lot 43

Lot n° 43
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Estimation :
1000 - 1200 EUR
HENRIETTE CRESPEL (1874-1958) & SPERANZA CALO-SÉAILLES (1885 - Lot 43
HENRIETTE CRESPEL (1874-1958) & SPERANZA CALO-SÉAILLES (1885-1945) Les tomates, circa 1927. Panneau rectangulaire en lap à décor d'une nature morte aux tomates. Monogrammé «H.C.» en bas à gauche. H. : 45,2 cm ; L. : 91,5 cm ; Ep. : 2,2 cm. Usures et rayures. Provenance : Offert par Jean-Charles Séailles. Puis par descendance. Exposition : Lap, le ciment-roi de l'art déco, 17 septembre - 2 novembre 2014, Maison des Arts, Antony. Carton de Crespel, réalisation en Lap par Spéranza Calo-Séailles et Jean Charles Séailles dans le laboratoire situé à Antony. UNE COLLECTION AUTOUR DU LAP Le Lap du latin lapis, signifiant pierre également appelé émaux lapidaires, est un ciment alumineux spécial, à prise rapide, de teinte claire et doté d'une surface translucide. Principalement utilisé comme matériau décoratif en architecture, il a été mis en valeur dès 1925 par Ruhlmann, qui l'intégra à la salle à manger de l'Hôtel du Collectionneur. L'architecte Pierre Patout, quant à lui, en habilla toutes les succursales des Établissements Nicolas. Au-delà de ses qualités pratiques, le Lap offrait aux artistes des possibilités esthétiques méconnues mais d'un intérêt remarquable. Il permettait la réalisation d'oeuvres décoratives - planes ou en relief dans une matière alliant modernité, précision et netteté, tout en répondant aux canons intemporels de l'art, grâce à sa beauté intrinsèque et à la richesse des teintes obtenues. En effet, on pouvait y incorporer divers métaux tels que l'or, l'argent, le platine ou encore le bronze. Les ateliers du Lap d'art, dirigés de 1923 à 1939 par Spéranza Calo et son époux, l'ingénieur Jean-Charles Séailles, ont collaboré avec de nombreux artistes de la scène parisienne de l'entre-deux-guerres : peintres, sculpteurs et décorateurs. Ces derniers fournissaient cartons et modèles, que les deux techniciens réalisaient ensuite avec eux. Ainsi, le maître-verrier Jacques Gruber proposa un dessin de chemin de croix, tandis que Léonard Foujita imagina celui d'un lapin. Parmi les usages notables du Lap, on peut également citer les oeuvres des sculpteurs Joël et Jan Martel, qui en firent usage dans la chapelle du paquebot Normandie pour créer bas-reliefs et autel, réalisés en lap d'or fin. Notre bas-relief intitulé La Danse, façonné dans cette matière noble enrichie d'or, en est un parfait exemple : véritable sculpture à part entière, le fond y est entièrement sculpté, intégré à la composition et non simplement support. Tout s'imbrique harmonieusement, illustrant une fois encore le talent et la maîtrise de ces deux artistes, parmi les plus remarquables sculpteurs du XXe siècle.
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