LACORDAIRE (Jean Baptiste Henri). 1802-1861

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LACORDAIRE (Jean Baptiste Henri). 1802-1861

Réunion de 61 lettres ou billets dont 60 autographes, signées [22 des initiales] au peintre Louis Nicolas CABAT. 24
Octobre 1835-16 Octobre 1861; environ 88 pages in-4, in-8 ou in-12; en grande majorité avec adresse, marques postales et timbres pour les dernières. - Joint une reproduction de son portrait avec annotation autographe.
Très importante et amicale correspondance où il parle de sa vie, ses idées, ses Oeuvres.
ROME, 11 JANVIER 1837: « Je vous envoie les règlements de vie. Votre âme est déjà profondément chrétienne que je n'ai pas besoin de vous exhorter à suivre cette règle que je vous ai tracée.
Elle est déjà toute entière dans votre coeur. ». Le manuscrit de cette règle est joint; 2 pp. in-4: « employer un temps notable de la journée au travail sérieux de notre état et regarder ce travail comme l'un de nos premiers devoirs... Quant aux plaisirs de l'intelligence, de coeur et des sens, qui nous sont permis, en jouir avec reconnaissance et modération, sachant nous arrêter quelques fois pour nous punir nous-mêmes; avoir sans cesse présent à la pensée que nous avons deux grands vices à combattre et à détruire l'orgueil et la volupté et deux grandes vertus à acquérir: l'humilité et la pénitence. Elever de temps en temps notre coeur à Dieu... Avoir quelques pauvres à qui nous faisons régulièrement l'aumône...et les considérés comme
Jésus-Christ lui-même... Quand nos regards tombent sur notre corps le considérer comme un ennemi, comme un esclave rebelle, comme une bête sans raison... Songer aussi à tant d'esclaves et de pauvres que ne mangent guère. ». - 20 FÉVRIER 1837: « Songez que nous avons deux devoirs à l'égard de notre corps le conserver et le soumettre. C'est un esclave sur lequel nous avons le droit de châtiment, mais non de mort! ». - ROME, 2 MAI 1837: « C'est une grande imprudence de ne pas s'assurer dans sa jeunesse par son travail un résultat stable, le repos de nos vieux jours. Un religieux et un prêtre peuvent vivre au jour le jour parce qu'ils sont seuls, dévoués à la pauvreté... Pour vous il n'en est pas ainsi. La providence ne vous doit pas de miracles. Jeudi soir, je vais me refermer pour faire une retraite, dans une maison près de Sainte Marie Majeure qu'on appelle Saint Eusèbe... La tristesse du coeur vient de l'obscurité... La lumière est essentiellement joyeuse... Il n'y a pas de cachots pour elle, elle éclaire l'homme juste dans les plus horribles lieux creusés par la méchanceté et la vengeance et répand en lui une sérénité plus forte que toute misère. ». -
ROME, 19 AOÛT 1837: « La religion n'est pas un joug de terreur; elle est toute amour et confiance pour ses véritables enfants... La mélancolie est une passion que nous devons combattre. Je la connais aussi, mais plus Dieu a régné sur mon âme, moins la mélancolie y a eu d'empire. ». - ROME, 2 SEPTEMBRE 1837: « Nous sommes depuis quinze jours...en proie au choléra qui enlève environ deux cent cinquante personnes par jour. Les quartiers les plus attaqués sont le monte, le trastevere, le borgo le cours près de la place du peuple. ». -
ROME, 16 SEPTEMBRE 1837: « Quand on possède la vérité qu'importe le reste... Il faudra vous marier. Cela changera toute votre destinée. Vos passions ne vous tourmenteront plus et la paix domestique doublera votre talent. ». - METZ, 27 NOVEMBRE 1937: « Je suis arrivé à Metz le 24. On m'y a bien accueilli: c'est dimanche prochain que je commencerai mes conférences dans la cathédrale. ». - METZ, 19 FÉVRIER 1938: « La pénitence, comme tu le sais est une des vertus principale du chrétien. Elle se compose de l'humilité qui juge la grandeur de ses fautes et de sa corruption naturelle, et de la mortification du corps qui, tout à la fois, humilie l'esprit et met un frein aux passions mauvaises dont la chair est la source. Si le chrétien vivait toujours dans une vraie et courageuse pénitence, il serait un Saint. ». Puis il explique avec force détails le principe du carême durant 46 jours: « Ne crois pas, mon très bon, que jamais tes fautes diminuent ma tendresse pour toi. Je t'aime d'une affection qui a pénétré trop avant dans mes entrailles pour que jamais elle en puisse sortir, ni être altérée. ». - ROME, 28 AOÛT 1838: « J'ai obtenu tout le succès que je pouvais désirer. La secrétaire d'état ne fait aucune difficulté, et les dominicains sont tombés d'accord avec moi surtout. Je vais retourner en France dès que j'aurai eu mon audience du Pape, pour rassembler les cinq ou six jeunes gens qui doivent concourir à l'oeuvre, et nous reviendrons ici au mois d'Avril prochain commencer un noviciat qui sera d'une année. Notre petite colonie sera établie à Sainte Sabine sur le mont Aventin où elle sera seule avec un maître des novices. Ecris-moi chez la princesse Borghèse. » - ROME, 28 AOÛT 1838: « Il est dans la nature humaine de trembler devant les sacrifices, devant l'abandon de soi... Dois-tu être surpris si la chair et l'orgueil résistent à la pensée? La pensée est pure, sainte, généreuse parce qu'elle est animée par la grâce divine. Ton orgueil est égoïste, ton corps sensuel. Tout notre noviciat sera consacré à l'étude et à la pratique des règles de St Dominique. ». - ROME, 1er SEPTEMBRE 1838: « Je vais en ce moment chez le Pape après quoi j'irai passer quelques jours à Frascati. ». - PARIS, 23 NOVEMBRE 1838: « Les idées de pénitence que tu as sont excellentes; on ne dompte que par là son corps et son imagination; mais nous ne devons aussi ne pas altérer notre santé... Te voilà peintre au service de Dieu... Mes affaires vont bien sous tous les rapports. Je travaille à un mémoire sur le rétablissement des frères prêcheurs, dont je t'enverrai un exemplaire aussitôt qu'il aura paru. ». - TURIN, 25 SEPTEMBRE 1838: « Je ne crains rien pour toi puisque l'esprit de Dieu te possède assez pour que tu puisses vaincre tes sens... Les serments de l'église sont notre plus grand secours sur la terre contre le mal. ». - PARIS, 24 JANVIER 1839: « Notre oeuvre dominicaine s'avance tous les jours, et prend une tournure qui me console infiniment. Tu ne saurais croire tout ce qu'il y a d'âmes jeunes et ardentes entraînées vers Dieu. ». -
LA QUERCIA, 26 AVRIL 1839: « Quant au couvent et sa situation, tu ne peux rien imaginer de plus beau, nous sommes au pied du mont Cimina qui envoie jusqu'à nos murs les grands arbres de la forêt, et toute la campagne bornée par des montagnes et là me promène devant vous ses sinuosités verdoyantes. ». - LA QUERCIA, 25 MAI 1839: « Nous habitons un paradis terrestre comme un paradis spirituel. Tu n'as pas idée de la beauté de ce pays. Ce sont des bois, des vallées, des collines, des rocs et des plantations, des eaux à ravir. Je n'ai rien vu de plus beau en fait de paysages. A chaque pas que l'on fait, on est saisi par un spectacle nouveau et inattendu. Tout ce que j'ai vu à Albano, la Riccia, Genzano et Frascati est misérable, stérile à côté de ceci. ». - LA QUERCIA, 29 JUILLET 1839: « L'homme est fait pour la société, quelque sauvage que soit sa nature... Hélas! notre vie est un combat sans fin, et nous ne pouvons pas en sortir qu'en nous mettant dans une situation qui ne soit pas trop périlleuse pour nous... Vois combien j'ai été à arriver où je devais être, à la vie religieuse. ». - BORDEAUX, 8
OCTOBRE 1841: « L'archevêque de Bordeaux a tenu à me garder jusqu'à Pâques, et je me suis dégagé à Nancy, auquel je consacrerai, en revanche, tout l'hyver prochain. Les conférences vont bien; la sympathique publique est déjà excitée au plus haut degré. Toutes les autorités se montrent favorables, et une foule de circonstances me fait présumer que nous gagnons un certain nombre d'âmes, sans compter beaucoup d'autres qui sont ébranlées. Mgr. et le clergé m'ont reçu avec une grande cordialité. Je n'ai qu'à me louer de tout le monde... Où en est le portrait de MM. Flandrin? L'as-tu trouvé bien? Le font ils lithographier?... J'ai intérêt à savoir où en est cette affaire, parce qu'on m'a déjà envoyé ici le portrait de Chassériau, et qu'on souhaite un autre. Celui de MM. Flandrin, si on y donne suite, ne pourrait-il pas être expédié ici? - NANCY, 17 JUILLET 1844: « J'y apprends que tu as résolu à entrer dans notre tiers ordre. ».
- LYON, 20 MARS 1845: « Mme la Vsse de Mesnard, rue de
Grenelle...désire un maître de paysage pour sa fille. ». - PARIS, 19 MAI 1845: « Tu sais déjà...que j'ai reçu de Rome l'autorisation d'établir en France un noviciat de notre ordre. Cette décision termine notre oeuvre, sauf les coups qui pourraient maintenant venir du Gouvernement. Mais il est déjà bien assez embarrassé des Jésuites, et rien n'annonce qu'il veuille se ruer sur tous les ordres religieux. ». - LIÈGE, 12 MARS 1847: « Je suis bien charmé de la bonne nouvelle que tu me donnes de ton prochain mariage. ». - PARIS, 14 MARS 1849: « Je n'ai jamais été étonné que tu eusses peu d'attrait pour rentrer dans le tiersordre de St Dominique. Ce sont là des vocations particulières que
Dieu ne donne pas toujours, même aux plus saints. ». PARIS, 24 MARS 1849: « Le conseil au tiers ordre tenu Jeudi soir t'a admis pour être présenté à la Fraternité...et ta réception se fera le Dimanche du Bon Pasteur le 22 Avril. ». PARIS, 17 JANVIER 1850: « J'ai été bien ravi d'apprendre que Dieu venait de t'envoyer un second garçon. ». - PARIS, 25 MARS 1850: « J'ai de par le monde, une cousine qui désire passionnément faire une copie d'un de tes petits tableaux. ». - FLAVIGNY, 13 NOVEMBRE 1852: « Je ne pourrai parler à Notre-Dame avec ma liberté accoutumée, sans bien des inconvénients et je ne veux pas y porter des lèvres closes par une réserve qui n'est dans ma nature et dans mes gènes. Il faut laisser passer ce temps d'illusions et d'idolâtrie. Je le puis d'autant plus que je travaille à la fondation d'un tiers ordre enseignant et que j'ai près de moi les premiers novices de cette oeuvre. ». - SORÈZE, 10 DÉCEMBRE 1854: « Voici de bien grands évènements qui se préparent. L'alliance définitive et armée de la France et de l'Angleterre contre le despotisme...russe est un des bienfaits providentiels les plus signalés que nous pouvions attendre de la bonté divine, mais il est possible que la lutte sera longue et douloureuse. L'avenir du christianisme, de la civilisation et de liberté en dépendent. Il nous faut prier beaucoup pour que Dieu soit avec l'Occident. ». - SORÈZE, 9 AVRIL 1856: « Il n'y a rien de nouveau dans ma vie. J'ai commencé à publier dans le
Correspondant mes conférences... les dernières que j'ai prononcées et celles qui terminent très probablement ma carrière oratoire. Elles paraissent de deux mois en deux mois. Je ne sais si tu es abonné au Correspondant. Tous mes amis de doctrine y travaillent. ». - 26 OCTOBRE 1856: « Nous avons à
Sorèze, le 11 Août prochain, la fête séculaire de l'école...si tu pouvais venir... Il ne serait pas nécessaire de faire un tableau, mais un dessin qui serait reproduit par la lithographie, et qui désormais, figurerait en tête des publications de l'école. ». -
SORÈZE, 25 FÉVRIER 1858: « On vient d'imprimer pour la première fois une édition complète de mes Oeuvres. J'ai donné l'ordre à mon éditeur de t'en envoyer un exemplaire. ». -
SORÈZE, 23 MARS 1858: « Mon dessein est de faire lithographier le paysage que tu as fait de l'école de Sorèze l'année dernière. ». - SORÈZE, 1er AVRIL 1859: « Je pars
Lundi pour racheter notre ancien couvent de St Maximin, près d'Aix, Marseille. Il est célèbre par les reliques et le voisinage de la Sainte Baume, grotte située près de là sur une haute montagne et où Ste Madelaine passa trente années de sa vie. ».
- SORÈZE, 24 OCTOBRE 1860: « Ma réception à l'Académie
Française aura lieu la dernière quinzaine de Janvier... J'ai donc l'espérance de te revoir à ce moment-là, si toutefois l'Europe et la France ne sont pas bouleversées de fond en comble. Les affaires d'Italie ont été si mal conduites que la cause italienne, bien que juste en elle-même a perdu son prestige et compromis son succès. Ce qui eut été facile avec une confédération et la conservation des états du Pape...est devenu un problème difficile à résoudre sans la guerre. D'autre part, si les trois puissances du Nord se coalisent contre la nationalité et la liberté de l'Italie, cette rénovation de la Sainte Alliance sera immédiatement impopulaire dans toute l'Europe et la cause du
Pape...en souffrira gravement. Ce qui manque partout dans les conseils de l'Europe c'est la justice et le désintéressement. ». -
SORÈZE, 26 OCTOBRE 1861 (non autographe): « Ma santé n'est pas en bon état: tu sais sans doute que j'ai deux maladies à la fois et deux maladies qui se contrarient l'une l'autre. ». C'est sa dernière lettre, il décèdera le 21 Novembre 1861.
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