Emile Antoine BOURDELLE (1861 - 1929)

Lot 164
Aller au lot
150 000 - 200 000 EUR
Résultat : 216 000 EUR

Emile Antoine BOURDELLE (1861 - 1929)

Héraklès Archer, huitième étude - modèle intermédiaire définitif.
Épreuve en bronze patiné, signée, titrée, Alexis Rudier fondeur, Paris
H.: 62 cm.
Notre épreuve a été fondue du vivant de Bourdelle, vraisemblablement dans les années 1920.
Dans les archives du Musée Bourdelle une note manuscrite de Michel Dufet indique:...Bourdelle de son vivant, ne limitait pas le nombre de ses bronzes. Il ne numérotait pas les épreuves. La limitation n'est survenue qu'après sa mort. A ce moment cette première composition a été déclarée épuisée...

Provenance:
- Louis Aubert.
- Resté dans la famille par descendance.

Bibliographie:
- E.A Bourdelle par François Fosca, Collection les
Sculpteurs Français Nouveaux, NRF, Paris, 1924, une autre version reproduite page 23.
- Bourdelle par André Fontainas, Édition F. Reider, Paris, 1930, une autre version reproduite sous le N°17.
- Bourdelle, Sculptures et Dessins par Paul Lorenz, Rombaldi, Paris, 1947, une autre version reproduite page 22 sous le N°25.
- Bourdelle par Pierre Descargues, Édition les Amis de Bourdelle, Paris, 1954, une autre version reproduite.
- Émile Antoine Bourdelle, An illustrated commentary par Peter Cannon-Brookes, Trevial Books in association with the National Museum of Wales, Londres, 1983, d'autres versions reproduites pages 59 et 62.
- Bourdelle par Ionel Jianou et Michel Dufet, Arted Éditiond d'Art, Paris, 1965, une autre version reproduite en couverture, décrit pages 91 et 92 et le modèle monumental reproduit planche 29.
- Bourdelle et la critique de son temps par Carol Marc Lavrillier et Michel Dufet, Musée Bourdelle, Paris, 1979, d'autres versions reproduites pages 129 et 132.
- Héraklès Archer naissance d'une Oeuvre par Antoinette
Le Normand-Romain In: Dossier de l'Art, N°10, janvierfévrier 1993 pages 34 à 39.
- Catalogue de l'exposition Antoine Bourdelle 1861 - 1929 D'un siècle à l'autre, l'eurythmie de la modernité, exposition itinérante, Japon, 2007-2008, d'autres versions reproduites pages 128 à 137.
- Catalogue de l'exposition Traces of Hands, Sculpture and Drawings by Rodin and Bourdelle from the National
Museum of Western Art, Tokyo 3 novembre 2012 - 27 janvier 2013, un exemplaire similaire est reproduit sous le N°8 du catalogue.
Dès 1906 Bourdelle travaille sur son Héraklès. Une carte postale en date de juillet 1906 à Monsieur Doyen Parigot nous le confirme1. Ce n'est qu'en 1909, à la demande de Gabriel Thomas, qu'elle sera agrandie au quadruple (248 cm). À ce sujet il est intéressant de regarder un dessin de cette même année, conservée au Musée
Bourdelle (fig 1). Quand il voit la terre de cet Héraklès dans l'atelier, son ami Gabriel Thomas, gestionnaire du Musée Grévin et un des créateurs du Théâtre des Champs-Elysées, lui passe commande d'un exemplaire monumental pour sa propriété des Capucins à Bellevue en lui demandant expressément de ne pas le diffuser et de l'éditer pour lui à un seul exemplaire: «Il est entendu que ce bronze - l'Héraklès archer - sera unique, en ce sens que vous ne le reproduirez pas dans la même grandeur ou sans quelques modifications d'interprétation» (Gabriel Thomas à Bourdelle le 2 avril 1909). Devant le succès de cette Oeuvre et les demandes d'achat, Gabriel Thomas dû se résigner et rendre au sculpteur la pleine propriété de son Oeuvre: «...Je pensais que le sacrifice que j'avais fait pour l'acquérir et pour [le] révéler me mettait à l'abri du regret que vous n'avez pas craint d'exprimer devant ma répugnance à vous en autoriser la reproduction même pour un musée. Voilà, mon cher
Bourdelle, le sentiment qui m'a poussé à vous proposer de reprendre votre Oeuvre...»(Gabriel Thomas à Bourdelle le 13 juillet 1915). Et un sacrifice Gabriel Thomas en avait effectivement fait un, car il était stipulé dans son courrier du 2 avril 1909: commande de L'Héraklès Archer grandeur deux mètres minimum, patine à déterminer ultérieurement, au prix de dix mille francs payables à raison de cinq cents francs tous les deux mois à partir de janvier 1910.
Pour la genèse de l'Oeuvre et en ce qui concerne le modèle qui a posé pour l'Héraklès, Antoinette le Normand-Romain dans son article Héraklès Archer naissance d'une Oeuvre, In: Dossier de l'Art, N°10, janvierfévrier 1993 écrit: Bourdelle ne fit jamais de mystère des circonstances dans lesquelles il créa la figure. Celle-ci naquit de l'initiative du commandant Doyen-Parigot (1864, Verdun 1916) qu'il avait rencontré «aux samedis Rodin»: «sportif, épée, cheval, poids + gymnaste + homme lettré.
Athlète admirable (...) Sa cuirasse avait de chaque côté sous les bras six centimètres de plus que la cuirasse réglementaire». Il offrit de poser pour moi (...) Lui soldat me donnait dès qu'il pouvait quelques instants de pose.
Un quart d'heure de loin en loin mais il marquait des heures. Et dès que mon modèle fut terminé il se trouva qu'il avait marqué dix heures de pose en toutes les séances comptées».
Bourdelle revenait alors vers une forme plus disciplinée et des sujets traditionnellement tirés de la mythologie, et sans doute la carrure athlétique du commandant Doyen-Parigot lui inspira-t-elle tout naturellement de se tourner vers la légende d'Hercule - ou Héraklès. Parmi les douze travaux qu'accomplit le héros, il choisit l'extermination des oiseaux monstrueux qui avaient élu domicile autour du lac Stymphale: la tension et le déploiement des membres qu'exige le tir à l'arc - puisque c'est ainsi qu'Héraklès avait chassé les oiseaux de Stymphale - mettent admirablement en valeur la musculature du modèle. La pose semble en effet avoir été déterminée très rapidement, le principal changement apporté par Bourdelle au cours de son travail consistant dans la transformation de la tête, car le commandant Doyen-Parigot avait demandé à ce que l'on ne puisse l'identifier: si l'on reconnait ses traits et sa moustache dans les premières maquettes, ceux-ci font bientôt place à la tête définitive dans laquelle on a voulu voir une influence de la sculpture grecque archaïque. Mais elle pourrait tout aussi bien être inspirée de la sculpture romane.
Au salon de la Nationale des Beaux-Arts en 1910 l Héraklès remporte un vif succès, Louis Vauxelles dans le Gil Blas du 16 avril 1916 écrit à son sujet:.....Le «clou» de la sculpture à la «Nationale» est sans contredit l'Héraclès transperçant les oiseaux du lac Stymphale, par Bourdelle. C'est là un chef-d'Oeuvre formidable, de la très grande statuaire héroïque. Le pied gauche crispé contre un roc, le genou droit loin en arrière, le héros bande son arc dont la flèche atteindra le gypaète en plein vol. L'élasticité d'une musculature svelte à la fois et robuste, le style de la tête de brute sauvage, au profil têtu et pointu, la grandeur des volumes et la science des détails, joignez à cela la beauté fruste d'une patine sans fignolage, et voilà cet Héraclés, moderne et barbare, d'un caractère unique, inoubliable.
Sur cette photo datant des années 30, prise chez Louis Aubert, dans la salle à manger de la villa Océane aux Sables d'Olonnes, nous pouvons voir, sur le meuble bibliothèque, notre Héraklès Archer et au premier plan à gauche un Éternel Printemps de Rodin.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue