Faire estimer la valeur d’une œuvre de Robert Combas
L’essentiel
Figure majeure de la Figuration libre, Robert Combas s’impose dès le début des années 1980 comme l’un des artistes les plus emblématiques du renouveau pictural français. Son œuvre, caractérisée par une profusion graphique, une exubérance chromatique et une iconographie nourrie de culture populaire, d’histoire de l’art et de références musicales, conjugue énergie gestuelle et narration foisonnante. Héritier critique de l’expressionnisme et du graffiti, Combas a profondément marqué la scène artistique française par son approche décomplexée de la peinture et son rejet des hiérarchies entre culture savante et culture populaire.
Des années de formation à l’émergence d’un langage pictural
Né à Lyon en 1957, Robert Combas grandit à Sète, dans le sud de la France, un environnement méditerranéen qui marque durablement son imaginaire. Il intègre l’École des beaux-arts de Montpellier à la fin des années 1970. Dans un contexte artistique encore dominé par les héritages conceptuels et minimalistes, il développe une pratique picturale figurative résolument expressive, nourrie autant par la bande dessinée que par l’histoire de la peinture occidentale. Très tôt, son travail affirme une tension entre violence graphique et humour, érudition et trivialité. Les figures qu’il peint – guerriers, musiciens, couples enlacés, foules agitées – se déploient dans des compositions saturées où la ligne noire cerne des aplats colorés intenses. Cette esthétique singulière se constitue en réaction aux tendances dominantes de l’époque, revendiquant un retour à la peinture et à la narration.
La Figuration libre : une nouvelle scène artistique
Au tournant des années 1980, Robert Combas devient l’un des principaux représentants de la Figuration libre, aux côtés d’Hervé Di Rosa, François Boisrond et Rémi Blanchard. Ce mouvement, identifié par le critique Bernard Lamarche-Vadel, prône une liberté formelle totale et revendique l’influence du rock, des comics, du graffiti new-yorkais et de la culture underground. La participation de Combas à l’exposition « Finir en beauté » en 1981 à Paris marque un moment fondateur. Son travail attire rapidement l’attention des galeries et des institutions, en France comme à l’international. Les années 1980 sont pour lui une décennie de reconnaissance rapide : expositions personnelles, présence sur la scène américaine, dialogue avec l’énergie du street art et du néo-expressionnisme. Sa peinture se distingue par un goût pour la prolifération : les surfaces sont envahies de motifs, de textes, de signes et de figures entrelacées. Le dessin demeure central, structurant l’espace pictural par un réseau serré de contours noirs. Cette densité iconographique participe d’une volonté de rendre visible la complexité du monde contemporain.
Thématiques, musique et hybridations
L’univers de Robert Combas ne se limite pas à la peinture. Passionné de musique, il fonde le groupe Les Démodés puis collabore à divers projets musicaux, prolongeant dans le son l’énergie visuelle de son œuvre. Cette transversalité nourrit une esthétique où la peinture dialogue avec le rythme, la répétition et l’improvisation.
Ses thèmes récurrents – la guerre, l’amour, la sexualité, la religion, la mythologie ou encore la société de consommation – sont abordés avec un mélange d’ironie et de gravité. L’artiste puise aussi bien dans l’iconographie médiévale que dans la culture rock, abolissant les distinctions entre culture dite « noble » et culture populaire.
Au fil des décennies, son œuvre connaît des évolutions formelles : si la saturation reste une constante, certaines séries témoignent d’une structuration plus affirmée de l’espace ou d’un approfondissement de la dimension symbolique. La sculpture, la céramique et les installations viennent également enrichir son corpus.
L’estimation de Robert Combas sur le marché de l’art dépend de plusieurs critères déterminants : la période de création (les œuvres historiques des années 1980 étant particulièrement recherchées), la technique employée (peinture sur toile, dessin, sculpture), les dimensions, la provenance et la présence dans des expositions de référence. Pour faire réaliser une estimation, il est recommandé de s’adresser à un commissaire-priseur, capable d’analyser l’authenticité, l’état de conservation et l’inscription de l’œuvre dans le corpus de l’artiste.