Faire estimer la valeur d’une œuvre de Edgar Degas


L’essentiel

Peintre du mouvement, du geste et de l’intime, Edgar Degas s’impose comme l’une des figures majeures de l’impressionnisme — tout en refusant d’en revendiquer l’étiquette. Formé dans la tradition du dessin académique, il se détourne peu à peu du grand genre historique pour explorer les sujets modernes : danseuses, scènes de course, repasseuses ou femmes à leur toilette. Artiste du regard, technicien exigeant et observateur du réel, Degas incarne une tension féconde entre la rigueur classique et l’expérimentation moderne. S’il partage avec ses amis impressionnistes l’amour de la lumière et du quotidien, il reste un peintre de l’intériorité, attaché à la ligne, au cadrage et à la construction. Solitaire, acerbe, parfois misanthrope, il laisse une œuvre considérable et profondément novatrice, annonçant la modernité du XXᵉ siècle.


Les années de formation

Né à Paris le 19 juillet 1834 dans une famille de banquiers d’origine napolitaine, Hilaire-Germain-Edgar de Gas reçoit une éducation bourgeoise classique. Dès le lycée Louis-le-Grand, son goût pour le dessin s’affirme. En 1855, il entre à l’École des beaux-arts dans l’atelier de Louis Lamothe, disciple d’Ingres, dont il retiendra la primauté du dessin sur la couleur et la rigueur de la ligne. Son séjour en Italie, entre 1856 et 1859, marque une étape fondatrice : à Florence, Rome et Naples, il copie intensément les maîtres de la Renaissance — Botticelli, Raphaël, Mantegna — et se forme une culture visuelle d’une rare ampleur.


Des ambitions historiques à la modernité

À son retour à Paris, Degas ambitionne d’être peintre d’histoire, à l’instar des grands classiques. Ses toiles de jeunesse, comme La Famille Bellelli (1858-1867, musée d’Orsay), manifestent déjà une tension entre tradition et observation psychologique. Peu à peu, il se détourne du sujet noble pour peindre la vie contemporaine : portraits de bourgeois, scènes d’atelier, jockeys et danseuses. Cette évolution le rapproche du cercle des futurs impressionnistes — Manet, Monet, Renoir, Pissarro — qu’il rencontre dès les années 1860 au Café Guerbois.


Les années impressionnistes

Degas participe activement aux expositions impressionnistes, dès la première en 1874, et jusqu’en 1886. Il y présente ses œuvres emblématiques : La Classe de danse (1874), Les Repasseuses (vers 1884-1886) ou L’Absinthe (1876). Toutefois, il s’oppose à l’étiquette de « paysagiste de plein air » : « Aucun art n’a moins à faire avec l’improvisation que le mien », disait-il. Son univers est celui des intérieurs, des gestes saisis sur le vif, des corps en tension. L’artiste expérimente sans cesse : cadrages audacieux inspirés de la photographie et de l’estampe japonaise, éclairages artificiels, pastels travaillés à la manière d’une sculpture colorée.


Le peintre du mouvement et du quotidien

Obsédé par la représentation du corps en action, Degas trouve dans le monde du ballet un sujet inépuisable. Ses danseuses, loin d’une vision gracieuse, traduisent l’effort, la répétition et la discipline. Parallèlement, il explore d’autres univers : les courses hippiques, les cafés, les repasseuses et les nus féminins observés dans des moments de solitude. Le pastel devient son médium de prédilection : il lui permet des variations infinies de texture et de lumière. Ses compositions traduisent une vision presque sculpturale du corps, héritée de son admiration pour Michel-Ange et Ingres.


Isolement et dernières années

À partir des années 1890, la perte progressive de la vue isole Degas du monde. Il délaisse la peinture pour la sculpture, modelant en cire des danseuses et chevaux, dont certaines seront fondues en bronze après sa mort. Retiré à Paris, il devient un personnage secret, solitaire, réputé pour son esprit acéré et son indépendance. Il meurt le 27 septembre 1917, à l’âge de 83 ans, dans sa maison du boulevard de Clichy. Son œuvre, longtemps méconnue dans son ampleur, est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus novatrices du XIXᵉ siècle, à la croisée du réalisme, de l’impressionnisme et de la modernité.



Pour faire estimer une œuvre d’Edgar Degas, les commissaires-priseurs et spécialistes du marché impressionniste accordent une attention particulière au format et à la technique, deux critères essentiels dans la hiérarchie de son œuvre. Les pastels – souvent de dimensions moyennes, fréquemment autour des formats horizontaux adoptés pour les danseuses ou les scènes de courses – occupent une place centrale dans son marché, tandis que les dessins plus modestes, parfois issus de carnets, sont estimés selon leur qualité d’exécution et leur état de conservation. Les huiles sur toile, généralement de formats plus amples, et les sculptures en bronze, dont il existe des tirages posthumes, font l’objet d’une expertise spécifique. Les commissaires-priseurs comparent toujours le format présenté avec ceux répertoriés dans les catalogues raisonnés ou déjà passés en vente. Pour obtenir une estimation fiable d’un Degas, il convient donc de fournir au commissaire-priseur la dimension précise, la technique, la provenance et toute documentation permettant de situer l’œuvre dans les pratiques de format propres à l’artiste.


Autres estimations d'objets

Vous possédez un objet hérité, acheté ou découvert et souhaitez en connaître la valeur ? Drouot Estimations vous accompagne jusqu'à la vente ! Vous pouvez faire une demande d'estimation en ligne, nous revenons vers vous sous 3 jours.