Gia Tri NGUYEN (1908-1993)

Lot 59
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Estimation :
180000 - 220000 EUR
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Gia Tri NGUYEN (1908-1993)
Villageoises parmi des bananiers.
Paravent à six feuilles en bois laqué polychrome et or.
Signé Giatri dans l'angle inférieur droit du panneau de droite et daté 1937.
Dim. par panneau : 99,5 à 100 cm x 32,5 cm.
Provenance :
La grande-tante de la propriétaire actuelle, qui vécut en Indochine à l'époque et l'acquit auprès de l'artiste.
Le paravent, en laque à fond noir, met en scène des villageoises assises au sol auprès de grands paniers, ou les portant suspendus à des bâtons sur leurs épaules.
Figurées dans des teintes fondues de brun-rouge et camaïeux de beiges et bruns, ces petites silhouettes forment un contraste particulier avec les grands bananiers laqués or au premier plan, émergeant en un relief accentué.
Le décor est complété par deux bovins sur la gauche, ainsi que par des chaumières et des arbres à l'arrière-plan.
Ce paravent est particulièrement intéressant à deux titres : le relief assez marqué des bananiers, rare chez Giatri, ainsi que la signature, inhabituelle, où un grand G intègre les trois lettres suivantes, I-A-T.
On ne peut parler de NGUYEN GIATRI sans évoquer de l'École Supérieure des Beaux-Arts de l'Indochine.
Celle-ci, fondée en 1925 à Hanoï, fut le point de départ de l'émergence d'un courant artistique unique issu de la tradition académique française et de celle, à la fois artistique et artisanale, vietnamienne.
Émanation directe de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, elle avait pour objectif de tenter de concilier traditions vietnamiennes et approche occidentale de l›art et de l›artiste, afin de faire naître un art propre au Vietnam, jusqu›alors très influencé par la Chine, et ce depuis plusieurs siècles.
Tel était l'objectif de son premier directeur, le peintre Victor Tardieu (1870-1937), qui se passionna pour le pays et sa culture dès son arrivée en 1921. Sa rencontre avec le jeune peintre Vietnamien Nam Son fut déterminante. Tous deux obtinrent la création de l'école en 1925, qui proposait aux élèves un cursus de 5 ans.
Au cours des 20 ans d'existence de l'école, les promotions successives donnèrent au Vietnam un grand nombre d'artistes qui acquirent une réputation internationale et dont les oeuvres atteignent, de nos jours, une très haute cote sur le marché international de l'art.
Au cours de ses 20 ans d'existence, également, de nombreux enseignants, tels les peintres Joseph Inguimberty et Alix Aymé, le sculpteur Evariste Jonchère, emmenèrent leurs élèves dans des explorations dépassant largement les conceptions académiques françaises, que ce soit à travers la peinture, la sculpture, les arts décoratifs ou la laque.
Mais c'est certainement dans le travail de la laque, discipline initiée par Joseph Inguimberty dès 1928, que la symbiose des deux cultures s›exprima de la manière la plus unique et spectaculaire.
C'est dans ce contexte très particulier que NGUYEN GIA TRI intègre l'école en 1929. Il en sort, diplômé, en 1936, après une interruption. Tout d'abord intéressé par la peinture à l'huile, il rejoint très vite la section sur la technique et l'art de la laque, fasciné par les possibilités picturales et décoratives de cette matière subtile et difficile. GIA TRI les portera à leur apogée dans toute une série d'oeuvres, panneaux, paravents, portes d'armoire, créées entre 1937 et 1945, pour lesquels il s'entoura, dans son atelier, d'une équipe d'artisans laqueurs.
Dans cette école, GIA TRI a dû côtoyer Mai-thu, Le Pho, Vû Cao Dàm, Pham Hau, Tran Van Can et bien d'autres de ces jeunes artistes vietnamiens qui contribuèrent à l'émergence de cet art nouveau et dont la renommée devint vite internationale.
GIA TRI, lui-même, fut très vite reconnu comme un des grands artistes laqueurs par ses contemporains, notoriété qui ne se démentit jamais par la suite.
Ainsi, nombreux furent les Français, hauts fonctionnaires ou directeurs d'entreprises en poste en Indochine à l'époque, à fréquenter son atelier et à acquérir une de ses oeuvres.
Citons par exemple deux paravents acquis par un même haut fonctionnaire civil de l'administration coloniale, vendus respectivement à Versailles, par le ministère de Maitre Pillon le 30 juin 2019, et à Tarbes par Maître Adam, le 23 novembre 2021 ; citons également un autre paravent acheté par l'administrateur d'une plantation d'hévéas, qui connaissait bien Gia Tri et se passionnait pour le travail de la laque. Son paravent passa également en vente à Versailles, le 22 décembre 2019.
Ou encore, un paravent daté de 1939, acquis par Pierre Pagès, alors gouverneur de Cochinchine, et passé en vente à Hong Kong, chez Sotheby's en 2018.
Ce ne sont que quelques exemples parmi tant d'autres qui attestent de la notoriété de l'artiste auprès de ses contemporains.
GIA TRI quitte le Vietnam en 1946, au début de la guerre d'Indochine, et part s'installer à Hong Kong, où il se consacre à la peinture à l'huile. En 1954, avec la fin de la guerre, il revient et s'in
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