MARIE CERMINOVA DITE TOYEN (1902-1980)

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MARIE CERMINOVA DITE TOYEN (1902-1980)

Il s'anime, 1957.


Huile sur toile, signée et datée 57 en bas à droite.


46 x 38 cm.


Quelques petites écaillures.


Provenance :


Probablement :


- Acquis de l'artiste par la Galerie Furstenrsberg en 1958.


- Ancienne collection Arturo Schwarz*.


- Collection particulière, Paris.


* Arturo Schwarz (1924 - 2021), critique et historien d'art, spécialiste du mouvement surréaliste et Dada, commissaire de nombreuses expositions, auteur du catalogue raisonné de Marcel Duchamp, il a exposé Toyen, notamment dans sa galerie à Milan en 1961 lors de l'exposition internationale du surréalisme.


Marie ?ermínová, dite TOYEN (1902 - 1980)


Elle s'appelait Marie ?ermínová, mais tout le monde la connaît sous son pseudonyme Toyen.


Née à Prague le 21 septembre 1902, cette artiste surréaliste a vécu et travaillé une bonne partie de sa vie en France, où elle est morte le 9 novembre 1980, dans l'isolement et la précarité. Pourtant, depuis plusieurs années, cette femme mystérieuse et originale fait partie des artistes tchèques les plus cotés sur le marché de l'art. Après des études à l'École des arts appliqués de Prague, Marie ?ermínová cofonde avec l'écrivain Karel Teige le groupe anarchiste Dev?tsil en 1920. En 1922, elle rencontre le peintre Jind?ich Štyrský. Ensemble, ils participent à une exposition collective organisée par Dev?tsil et intitulée « Bazart d'art moderne ». Les deux artistes s'inspirent mutuellement. Ils inventent un mouvement artistique original, l'artificialisme (entre abstraction et surréalisme), dont les objectifs visent à provoquer par la peinture « des émotions poétiques qui ne sont pas seulement optiques, à exciter une sensibilité qui n'est pas seulement visuelle ».


C'est à partir de 1923 qu'elle va choisir le pseudonyme de TOYEN qui selon les uns viendrait du nom français de ciTOYEN et pour d'autres du tchèque to je on (c'est lui)


En mars 1934 elle fonde avec J. Štyrský et d'autres artistes, parmi lesquels les poètes Karel Teige et Václav Nezval, le groupe surréaliste tchèque. Les liens tissés avec le groupe français dès 1933 se resserrent davantage lors de la venue d'André Breton et de Paul Éluard à Prague.


Désormais, les oeuvres de Toyen relèvent pleinement du surréalisme.


De 1939 à 1945, sous l'occupation nazie, Toyen vit dans une semi-clandestinité et cache le poète Jindrich Heisler (1914-1953), forcé de se dissimuler parce que juif. Stryrsky meurt en 1942.


Durant cette période 1939 à 1942, elle abandonne pratiquement la peinture pour se consacrer au dessin. Elle exécute trois cycles de dessins pour dénoncer l'horreur bestiale qui menace la planète dans un style précis, simple et glacial. Les liens entre nature et besoins humains avaient suscité dans son imaginaire un monde fantastique, cette guerre réunit réalité et imaginaire tant la réalité relève de l'inconcevable.


En 1948, refusant le totalitarisme qui s'installe en Tchécoslovaquie, elle vient à Paris pour y rejoindre André Breton et le groupe surréaliste. Si elle participe à toutes ses manifestations, elle y occupe une place à part, poursuivant « l'exploration de la nuit amoureuse » à travers ce qui lie désir et représentation.


Au fil du temps, le cercle d'amis de Toyen se rétréci et l'artiste se réfugie alors dans un monde à elle. Le secret, le rêve, le subconscient demeurent ses sources d'inspiration, tout comme le monde animalier et la nature tout court.


Comme dans le rêve, sa peinture est le terrain des associations d'éléments hétéroclites, à voir comme des rébus indéchiffrables : gants, robes, chevelures, formes ovoïdes, yeux peuplent ses visions, où désir et angoisse renvoient à des pulsions sexuelles plus déterminées, toujours animales - le félin y constitue une sorte d'archétype du sexe féminin. Dans les années 1970, Toyen collabore aux publications du collectif Maintenant fondé par Radovan Ivši?, avec Georges Goldfayn, Pierre Peuchmaurd, Annie Le Brun, qui la considère comme « le personnage le plus romantique du surréalisme.


Dans une de ses rares confidences, illustrant ce secret de la représentation qui consiste à figurer l'énigme pour l'affronter, Toyen déclarait en 1976 : «Dans la salle obscure de la vie, je regarde l'écran de mon cerveau».


Singulière en tout, révolutionnaire et imprévisible, Toyen est une figure incontournable du surréalisme tchèque, admirée par Breton et Eluard.


Toute sa vie, Toyen n'aura qu'une seule ambition, obsessionnelle, se servir de sa peinture pour interroger l'image. Donner forme à ce qui n'en a pas.


Sources : https://awarewomenartists.com/artiste/toyen-marie-cerminova-dite/ https://www.lematrimoine.fr/toyen/ ht

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