MAYNARD François (1582-1646) poète, membre fondateur de l'Académie française [AF 1634, 14e f].

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MAYNARD François (1582-1646) poète, membre fondateur de l'Académie française [AF 1634, 14e f].
L.S. « Mainard » (minute) avec MANUSCRIT autographe, [vers 1635, à Jean de Gaubert CAMINADE, président du Parlement de Toulouse ( 1637)] ; 5 pages et 1 page autographe in-fol., sur 3 feuillets réglés provenant d'un recueil. Très rare lettre, pour exprimer sa reconnaissance d'avoir été distingué parmi les illustres de son temps, suivie d'une page autographe d'épigrammes. Ce que son correspondant a fait pour le placer entre les illustres du temps l'a mis dans une grande confusion : il ne peut se persuader qu'il dût être traité avec un honneur qui n'a été fait qu'à deux écrivains admirés du siècle précédent, « et presque je croy que vostre jugement a voulu faire une faute, pour me faire de la réputation. Vous avés rafiné l'art d'obliger, et vos libéralités [] sont quelque chose de plus que celles des princes : ils donnent le bien, et vous donnés la gloire ; quand mon nom seroit aussy obscur que le vostre est illustre, vous lui avés departy assés de lumière pour eblouyr mes rivaux, et indubitablement ce que vous me faites obtenir de la faveur publique, faira la plus belle partie de mon oraison funèbre. Ceux qui me cognoissent scavent assés que mes joyes ne sont pas secrettes et que ma morale n'est pas assez forte pour resister aux tentations de la prospérité, c'est une verité si certaine que depuis six jours je ne fay autre chose qu'escrire aux amys que j'ay dans le grand monde, le soing que vous avés eu de me rendre celebre, il y a de l'apparence que la publication d'une grâce si signalée ne sera pas avantageuse à ma fortune, ceux de qui j'attendois quelque establissement ne voudront plus songer à faire réussir mes esperances, après qu'ils auront cognu que le present que vous m'avés fait sera tousjours mis devant leurs gratifications, et que tous puissants et tous ambitieux qu'ils sont ils ne me scauroyent rien donner qui ne fut inferieur a la gloire » Il travaillera à laisser une marque durable de sa reconnaissance, ce sera désormais toute sa « meditation » : il fait des voeux que « les scavantes filles » qu'il a si longtemps suivies, payent sa persévérance en lui inspirant des pensées et des expressions adéquates Il parle ensuite du comte Tosti, qui « est vrayment poëte, et le feu de nos plus fameux autheurs auprès du sien n'est que de la glace. Je ne scay si les muses de la nouvelle Italie sont si belles ailleurs que dans ses odes, ny si Horace luy même a marché si hardiment sur les principes de Pindare. Ce sera dans ceste haute et magnifique poésie que j'yray chercher le génie qui m'est nécessaire [] pour laisser une pièce qui monstre que Paris n'est pas plus le pays d'Apollon que Thoulouse » Sur la dernière page, Maynard a noté de sa main des bons mots et épigrammes : « A la court de Rome, un pigmée devient soudainement geant. Les muses ont augmenté leur escurie, elles n'avoyent qu'un cheval, elles ont aujourdhuy un asne de plus. Je ne croy pas que le malheur et moi puissions jamais nous separer, depuis que je suis au monde il ma toujours suyvy, et il n'y a point dapparence qu'il me quite pour le peu de temps que jay a vivre » Etc. Provenance : ancienne collection Jean HANOTEAU ; citée par Raoul Bonnet dans l'Isographie de l'Académie française : « Les lettres de Mainard sont rarissimes ».
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