VOITURE (Vincent). «Lettre au comte d'Avaux» [1647]. Manuscrit autographe; 4 pages in-4. Une des célèbres «lettres» de Voiture. Elle a été publiée dans la 5ème édition des Oeuvres, page 589 [Paris, Augustin Courbé, 1656]. «Il faut avouer Monseigneur que vous avez en moy une estrange espèce de commis. Il n'entend pas un mot de finances. Il ne vous a jamais à la direction et a peine mesme s'avise-t-il en six mois une fois d'escrire à son maître: mais en récompense il joue beau jeu. Il fait vers. Il escrit de belles lettres fait quelques fois des combats aux flambeaux à minuit. Je me haste de m'excuser moi-même pour arrester vos réprimandes: car il me semble que je vous vois avec vostre visage de plénipotentiaire me reprocher encore mes olimpiades... mais je crois qu'il n'y a pas de honte à moy, de n'estre pas plus sage dans mes vieux jours que d'autres ne le sont dans leur jeunesse... Je vous avoue pourtant que je n'ay pas laissé d'en estre un peu honteux et cela m'a arresté longtemps de vous escrire, autre que dans le chagrin ou j'imagine que vous estes de voir que votre ouvrage ne s'avance point, j'ay craint que des lettres aussi peu sérieuses que les miennes ne seraient pas de saison. Moy qui cognais Monseigneur, combien vous aymés votre pays je ne doute pas que vous soiés affligé de voir les difficultés qui naissent de jour en jour et qui s'opposent au succès de la négociation qui est entre vos mains... On est si bien persuadé de vos bonnes intentions que toutes les fois que l'on se plaint ici de retardement de la paix et de ceux que l'on s'imagine (à tort peut estre?) qui n'y font pas tout ce qu'ils pourraient, cela donne occasion de parler de vous, et en fait dire tout ce que vous seriés bien aise d'entendre. C'est une chose merveilleuse que cette estoile qui vous a donné de tout temps l'amour des peuples. Il n'y a ici pas un bourgeois qui ne vous nomme, qui ne vous cognaisse, qui ne voue loue. La France a mis en vous seul ce peu d'espérance qui luy reste, voïan
Live vendredi 5 avril 2013・13:30 (Europe/Paris)
Lot n°226

VOITURE (Vincent). «Lettre au comte d'Avaux» [1647]. Manuscrit autographe; 4 pages in-4. Une des célèbres «lettres» de Voiture. Elle a été publiée dans la 5ème édition des Oeuvres, page 589 [Paris, Augustin Courbé, 1656]. «Il faut avouer Monseigneur que vous avez en moy une estrange espèce de commis. Il n'entend pas un mot de finances. Il ne vous a jamais à la direction et a peine mesme s'avise-t-il en six mois une fois d'escrire à son maître: mais en récompense il joue beau jeu. Il fait vers. Il escrit de belles lettres fait quelques fois des combats aux flambeaux à minuit. Je me haste de m'excuser moi-même pour arrester vos réprimandes: car il me semble que je vous vois avec vostre visage de plénipotentiaire me reprocher encore mes olimpiades... mais je crois qu'il n'y a pas de honte à moy, de n'estre pas plus sage dans mes vieux jours que d'autres ne le sont dans leur jeunesse... Je vous avoue pourtant que je n'ay pas laissé d'en estre un peu honteux et cela m'a arresté longtemps de vous escrire, autre que dans le chagrin ou j'imagine que vous estes de voir que votre ouvrage ne s'avance point, j'ay craint que des lettres aussi peu sérieuses que les miennes ne seraient pas de saison. Moy qui cognais Monseigneur, combien vous aymés votre pays je ne doute pas que vous soiés affligé de voir les difficultés qui naissent de jour en jour et qui s'opposent au succès de la négociation qui est entre vos mains... On est si bien persuadé de vos bonnes intentions que toutes les fois que l'on se plaint ici de retardement de la paix et de ceux que l'on s'imagine (à tort peut estre?) qui n'y font pas tout ce qu'ils pourraient, cela donne occasion de parler de vous, et en fait dire tout ce que vous seriés bien aise d'entendre. C'est une chose merveilleuse que cette estoile qui vous a donné de tout temps l'amour des peuples. Il n'y a ici pas un bourgeois qui ne vous nomme, qui ne vous cognaisse, qui ne voue loue. La France a mis en vous seul ce peu d'espérance qui luy reste, voïan

Estimation
1 000 € - 2 000 €
Résultat
1 800 €
Frais de vente
0%
VOITURE (Vincent). «Lettre au comte d'Avaux» [1647]. Manuscrit autographe; 4 pages in-4. Une des célèbres «lettres» de Voiture. Elle a été publiée dans la 5ème édition des Oeuvres, page 589 [Paris, Augustin Courbé, 1656]. «Il faut avouer Monseigneur que vous avez en moy une estrange espèce de commis. Il n'entend pas un mot de finances. Il ne vous a jamais à la direction et a peine mesme s'avise-t-il en six mois une fois d'escrire à son maître: mais en récompense il joue beau jeu. Il fait vers. Il escrit de belles lettres fait quelques fois des combats aux flambeaux à minuit. Je me haste de m'excuser moi-même pour arrester vos réprimandes: car il me semble que je vous vois avec vostre visage de plénipotentiaire me reprocher encore mes olimpiades... mais je crois qu'il n'y a pas de honte à moy, de n'estre pas plus sage dans mes vieux jours que d'autres ne le sont dans leur jeunesse... Je vous avoue pourtant que je n'ay pas laissé d'en estre un peu honteux et cela m'a arresté longtemps de vous escrire, autre que dans le chagrin ou j'imagine que vous estes de voir que votre ouvrage ne s'avance point, j'ay craint que des lettres aussi peu sérieuses que les miennes ne seraient pas de saison. Moy qui cognais Monseigneur, combien vous aymés votre pays je ne doute pas que vous soiés affligé de voir les difficultés qui naissent de jour en jour et qui s'opposent au succès de la négociation qui est entre vos mains... On est si bien persuadé de vos bonnes intentions que toutes les fois que l'on se plaint ici de retardement de la paix et de ceux que l'on s'imagine (à tort peut estre?) qui n'y font pas tout ce qu'ils pourraient, cela donne occasion de parler de vous, et en fait dire tout ce que vous seriés bien aise d'entendre. C'est une chose merveilleuse que cette estoile qui vous a donné de tout temps l'amour des peuples. Il n'y a ici pas un bourgeois qui ne vous nomme, qui ne vous cognaisse, qui ne voue loue. La France a mis en vous seul ce peu d'espérance qui luy reste, voïan
Vente vendredi 5 avril 2013・13:30 (Europe/Paris)
Salle 3 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris