Charles MAURRAS (1868-1952)
Environ 90 L.A.S., 1907-1952, à Marthe DAUDET « Pampille », et 5 MANUSCRITS autographes ; environ 420 pages in-8 ou in-4, nombreux en-têtes de L'Action française, quelques enveloppes.
Importante et très intéressante correspondance.
Il est impossible de donner un détail de ces longues lettres amicales et intimes à « Madame et Pampille », où il est beaucoup question de Léon Daudet, de L'Action française et de la situation politique, de ses séjours à Martigues, de littérature, de la famille Daudet (François est son filleul [en 1940, il fait suivre une lettre de François à sa mère]). Pampille est un des rares plumes féminines de L'Action française. Nous nous contenterons de citer quelques lettres qui en montreront l'intérêt.
Une des toutes premières : « J'ai prié Léon Daudet de vouloir bien vous dire combien je fus sensible au grand signe de confiance et de haute (trop haute !) estime que vous avez bien voulu me donner hier soir, en m'exprimant dans leur vérité ces impressions fortes, nettes, sévères, drues. Je n'ai pas à donner d'avis sur le théâtre que j'ignore, mais je sais bien que nous avons commis et que j'ai commis le premier, en octobre une faute grave, qui engage ma responsabilité. Un ami dévoué de l'Action française me conseillait très instamment d'avoir une sorte de conseil de famille, Lemaître, Bourget, Barrès, à qui l'on aurait demandé de vouloir bien nous donner quelques heures de leur temps par an. Leur expérience nous eût éclairé »...
Janvier 1923 (après l'assassinat de Marius Plateau) : « Plateau était la bonté, le courage même. Mais il ne pouvait avoir comme moi l'expérience de votre pensée frémissante et de votre amitié si douce. Je vous promets solennellement d'être sage, prudent, méfiant et si, d'aventure, je reçois une balle, de cracher aussitôt sur l'agresseur les sept qui sont dans mon browning »...
De longues lettres sont écrites, à partir de 1946, sur des feuillets de cahier, de la prison de Riom, puis de la maison centrale de Clairvaux, et en 1951 de l'Hôtel-Dieu de Troyes, puis en 1952 de Saint-Symphorien-lès-Tours. La dernière est datée du 27 août 1952 (il mourra le 16 novembre) : « Quant au refus du pourvoi, merci, chère Madame et Pampille, de toutes vos bontés pour moi à cette occasion. Oui, ces gens-là, osent tout. Ils ne croient pas à leur responsabilité. Bien que le passé ne leur donne pas tort, ils pourraient se tromper sur l'avenir, et cela nous regarde. Excusez ces menaces d'octogénaire. Nous avons tout de même vu tant de tours et de retours ! »...
Manuscrits autographes : - un poème en provençal avec traduction : « De l'eitrofo gloriouso »... (1 p. in-8) ; - Dialogue des morts en vers, daté Riom 1945, où le Prince dialogue avec François (6 p. in-4) ; 2 poèmes satiriques « pour Pampille » : Le résistant catapultueux, fable-express (1947) et Mon amnistie (1948) ; la dédicace à Mme Léon Daudet et ses enfants du Bienheureux Pie X, sauveur de la France (1952, avec l. d'envoi de Jacques Maurras).
On joint : - 2 L.A.S. et une carte a.s. de Pampille à Maurras ; - 5 L.A.S. à Maurras par Camille Bellaigue, Anna de Noailles, Louis-Xavier de Ricard, Jules Soury, Jean Tharaud (plus 10 lettres diverses ou anonymes). Plus le double dactyl. de la lettre de Maurras au Pape (12 oct. 1926) ; une longue l.a.s. du Dr Joseph Maurras (frère de Charles), Balat (Annam) 30 avril 1924 ; une petite photo d'amateur d'un défilé avec Maurras et Léon Daudet ; le livre de Léon Daudet, Charles Maurras et son temps (R. Girard, 1928) ; 2 numéros de L'Action française ; une gravure de la maison de Martigues par Roger Joseph dédic. à François Daudet.
Live jeudi 20 avril 2023・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°124

Charles MAURRAS (1868-1952) Environ 90 L.A.S., 1907-1952, à Marthe DAUDET « Pampille », et 5 MANUSCRITS autographes ; environ 420 pages in-8 ou in-4, nombreux en-têtes de L'Action française, quelques enveloppes. Importante et très intéressante correspondance. Il est impossible de donner un détail de ces longues lettres amicales et intimes à « Madame et Pampille », où il est beaucoup question de Léon Daudet, de L'Action française et de la situation politique, de ses séjours à Martigues, de littérature, de la famille Daudet (François est son filleul [en 1940, il fait suivre une lettre de François à sa mère]). Pampille est un des rares plumes féminines de L'Action française. Nous nous contenterons de citer quelques lettres qui en montreront l'intérêt. Une des toutes premières : « J'ai prié Léon Daudet de vouloir bien vous dire combien je fus sensible au grand signe de confiance et de haute (trop haute !) estime que vous avez bien voulu me donner hier soir, en m'exprimant dans leur vérité ces impressions fortes, nettes, sévères, drues. Je n'ai pas à donner d'avis sur le théâtre que j'ignore, mais je sais bien que nous avons commis et que j'ai commis le premier, en octobre une faute grave, qui engage ma responsabilité. Un ami dévoué de l'Action française me conseillait très instamment d'avoir une sorte de conseil de famille, Lemaître, Bourget, Barrès, à qui l'on aurait demandé de vouloir bien nous donner quelques heures de leur temps par an. Leur expérience nous eût éclairé »... Janvier 1923 (après l'assassinat de Marius Plateau) : « Plateau était la bonté, le courage même. Mais il ne pouvait avoir comme moi l'expérience de votre pensée frémissante et de votre amitié si douce. Je vous promets solennellement d'être sage, prudent, méfiant et si, d'aventure, je reçois une balle, de cracher aussitôt sur l'agresseur les sept qui sont dans mon browning »... De longues lettres sont écrites, à partir de 1946, sur des feuillets de cahier, de la prison de Riom, puis de la maison centrale de Clairvaux, et en 1951 de l'Hôtel-Dieu de Troyes, puis en 1952 de Saint-Symphorien-lès-Tours. La dernière est datée du 27 août 1952 (il mourra le 16 novembre) : « Quant au refus du pourvoi, merci, chère Madame et Pampille, de toutes vos bontés pour moi à cette occasion. Oui, ces gens-là, osent tout. Ils ne croient pas à leur responsabilité. Bien que le passé ne leur donne pas tort, ils pourraient se tromper sur l'avenir, et cela nous regarde. Excusez ces menaces d'octogénaire. Nous avons tout de même vu tant de tours et de retours ! »... Manuscrits autographes : - un poème en provençal avec traduction : « De l'eitrofo gloriouso »... (1 p. in-8) ; - Dialogue des morts en vers, daté Riom 1945, où le Prince dialogue avec François (6 p. in-4) ; 2 poèmes satiriques « pour Pampille » : Le résistant catapultueux, fable-express (1947) et Mon amnistie (1948) ; la dédicace à Mme Léon Daudet et ses enfants du Bienheureux Pie X, sauveur de la France (1952, avec l. d'envoi de Jacques Maurras). On joint : - 2 L.A.S. et une carte a.s. de Pampille à Maurras ; - 5 L.A.S. à Maurras par Camille Bellaigue, Anna de Noailles, Louis-Xavier de Ricard, Jules Soury, Jean Tharaud (plus 10 lettres diverses ou anonymes). Plus le double dactyl. de la lettre de Maurras au Pape (12 oct. 1926) ; une longue l.a.s. du Dr Joseph Maurras (frère de Charles), Balat (Annam) 30 avril 1924 ; une petite photo d'amateur d'un défilé avec Maurras et Léon Daudet ; le livre de Léon Daudet, Charles Maurras et son temps (R. Girard, 1928) ; 2 numéros de L'Action française ; une gravure de la maison de Martigues par Roger Joseph dédic. à François Daudet.

Estimation
1 500 € - 2 000 €
Résultat
1 500 €
Frais de vente
25%
Charles MAURRAS (1868-1952) Environ 90 L.A.S., 1907-1952, à Marthe DAUDET « Pampille », et 5 MANUSCRITS autographes ; environ 420 pages in-8 ou in-4, nombreux en-têtes de L'Action française, quelques enveloppes. Importante et très intéressante correspondance. Il est impossible de donner un détail de ces longues lettres amicales et intimes à « Madame et Pampille », où il est beaucoup question de Léon Daudet, de L'Action française et de la situation politique, de ses séjours à Martigues, de littérature, de la famille Daudet (François est son filleul [en 1940, il fait suivre une lettre de François à sa mère]). Pampille est un des rares plumes féminines de L'Action française. Nous nous contenterons de citer quelques lettres qui en montreront l'intérêt. Une des toutes premières : « J'ai prié Léon Daudet de vouloir bien vous dire combien je fus sensible au grand signe de confiance et de haute (trop haute !) estime que vous avez bien voulu me donner hier soir, en m'exprimant dans leur vérité ces impressions fortes, nettes, sévères, drues. Je n'ai pas à donner d'avis sur le théâtre que j'ignore, mais je sais bien que nous avons commis et que j'ai commis le premier, en octobre une faute grave, qui engage ma responsabilité. Un ami dévoué de l'Action française me conseillait très instamment d'avoir une sorte de conseil de famille, Lemaître, Bourget, Barrès, à qui l'on aurait demandé de vouloir bien nous donner quelques heures de leur temps par an. Leur expérience nous eût éclairé »... Janvier 1923 (après l'assassinat de Marius Plateau) : « Plateau était la bonté, le courage même. Mais il ne pouvait avoir comme moi l'expérience de votre pensée frémissante et de votre amitié si douce. Je vous promets solennellement d'être sage, prudent, méfiant et si, d'aventure, je reçois une balle, de cracher aussitôt sur l'agresseur les sept qui sont dans mon browning »... De longues lettres sont écrites, à partir de 1946, sur des feuillets de cahier, de la prison de Riom, puis de la maison centrale de Clairvaux, et en 1951 de l'Hôtel-Dieu de Troyes, puis en 1952 de Saint-Symphorien-lès-Tours. La dernière est datée du 27 août 1952 (il mourra le 16 novembre) : « Quant au refus du pourvoi, merci, chère Madame et Pampille, de toutes vos bontés pour moi à cette occasion. Oui, ces gens-là, osent tout. Ils ne croient pas à leur responsabilité. Bien que le passé ne leur donne pas tort, ils pourraient se tromper sur l'avenir, et cela nous regarde. Excusez ces menaces d'octogénaire. Nous avons tout de même vu tant de tours et de retours ! »... Manuscrits autographes : - un poème en provençal avec traduction : « De l'eitrofo gloriouso »... (1 p. in-8) ; - Dialogue des morts en vers, daté Riom 1945, où le Prince dialogue avec François (6 p. in-4) ; 2 poèmes satiriques « pour Pampille » : Le résistant catapultueux, fable-express (1947) et Mon amnistie (1948) ; la dédicace à Mme Léon Daudet et ses enfants du Bienheureux Pie X, sauveur de la France (1952, avec l. d'envoi de Jacques Maurras). On joint : - 2 L.A.S. et une carte a.s. de Pampille à Maurras ; - 5 L.A.S. à Maurras par Camille Bellaigue, Anna de Noailles, Louis-Xavier de Ricard, Jules Soury, Jean Tharaud (plus 10 lettres diverses ou anonymes). Plus le double dactyl. de la lettre de Maurras au Pape (12 oct. 1926) ; une longue l.a.s. du Dr Joseph Maurras (frère de Charles), Balat (Annam) 30 avril 1924 ; une petite photo d'amateur d'un défilé avec Maurras et Léon Daudet ; le livre de Léon Daudet, Charles Maurras et son temps (R. Girard, 1928) ; 2 numéros de L'Action française ; une gravure de la maison de Martigues par Roger Joseph dédic. à François Daudet.
Vente jeudi 20 avril 2023・14:00 (Europe/Paris)
Salle 11 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris