MALLEVILLE Claude de (1597-1647) poète, secrétaire du maréchal de Bassompierre, puis secrétaire du Roi ; il s'était opposé à la fondation de l'Académie, dont il fut cependant un membre fondateur [AF 1634, 8e f].
MANUSCRIT autographe, Epistre de la Nymphe des Fauves A Madame la Presidente Talon ; 3 pages in-4.

Rarissime, le seul manuscrit connu de Malleville.

Cette « épître aux allures de stances [] semble inédite. Cet aimable badinage est un bon exemple de la poésie mondaine et gracieuse qui fleurissait alors. Il ne figure cependant ni dans l'édition des Poésies de 1649, ni dans les recueils collectifs du temps, et n'a pas été recueilli non plus dans l'édition des OEuvres poétiques établie par Raymond Ortali (Didier, 1976, 2 vol.). Malleville, à qui l'on doit surtout des rondeaux, des sonnets, des stances et des élégies, n'a, à vrai dire, composé que peu de pièces de ce genre. Nous n'avons par ailleurs pu identifier exactement la dédicataire, qui appartenait, selon toute apparence, à la famille de l'avocat général Omer Talon (1595-1652). Précisons enfin que ce seul manuscrit est, sauf erreur, le seul manuscrit connu de Malleville, dont on ne connaît pas de lettres. » (Jean-Paul Goujon). Cette épître compte 16 quatrains.

« J'interromps nostre course aimable Presidente

Retournes, retournes dans vostre heureux sejour.

C'est un Palais ou tout enchante,

Je tremble a recevoir et vous et vostre Cour.

Quand celle dont les soins cultivent ma demeure,

M'anonça que chez moy vienderoient tant de beautéz

J'ecrivis j'invitay sur l'heu

Tout ce que jay d'amis chez les divinitéz. []

On ne m'obeit point. Bacchus est en Champagne

Pan veut moins de sagesse, il cherche ailleurs son fait

Mars n'a pas fini sa campagne

Apollon pres de vous craind de paroistre laid. []

Amour, le seul amour me promet sa presence,

Il viendra ; bien qu'il ait plus daffaires que touts

Mais quoy quil donne d'asseurance,

Je ne compte le voir arriver qu'avec vous. []

Alors par tant d'attraits ma demeure changée

Deviendra des plesirs l'azile le plus doux

Et ces dieux qui mont negligée

Ne les apprendront point sans en estre jaloux.

L'Académie française au fil des lettres, p. 28-31.

On joint une P.S. par le maréchal de BASSOMPIERRE, contresignée par MALLEVILLE, Paris 26 février 1646 (1 page in-fol., cachet aux armes sous papier), pour aller « faire la monstre & reveue à la Compagnie franche suisse du Capne Stoppa estant en garnison à Rocroy »
Online mardi 19 avril 2022・19:00 (Europe/Paris)
Lot n°141

MALLEVILLE Claude de (1597-1647) poète, secrétaire du maréchal de Bassompierre, puis secrétaire du Roi ; il s'était opposé à la fondation de l'Académie, dont il fut cependant un membre fondateur [AF 1634, 8e f]. MANUSCRIT autographe, Epistre de la Nymphe des Fauves A Madame la Presidente Talon ; 3 pages in-4. Rarissime, le seul manuscrit connu de Malleville. Cette « épître aux allures de stances [] semble inédite. Cet aimable badinage est un bon exemple de la poésie mondaine et gracieuse qui fleurissait alors. Il ne figure cependant ni dans l'édition des Poésies de 1649, ni dans les recueils collectifs du temps, et n'a pas été recueilli non plus dans l'édition des OEuvres poétiques établie par Raymond Ortali (Didier, 1976, 2 vol.). Malleville, à qui l'on doit surtout des rondeaux, des sonnets, des stances et des élégies, n'a, à vrai dire, composé que peu de pièces de ce genre. Nous n'avons par ailleurs pu identifier exactement la dédicataire, qui appartenait, selon toute apparence, à la famille de l'avocat général Omer Talon (1595-1652). Précisons enfin que ce seul manuscrit est, sauf erreur, le seul manuscrit connu de Malleville, dont on ne connaît pas de lettres. » (Jean-Paul Goujon). Cette épître compte 16 quatrains. « J'interromps nostre course aimable Presidente Retournes, retournes dans vostre heureux sejour. C'est un Palais ou tout enchante, Je tremble a recevoir et vous et vostre Cour. Quand celle dont les soins cultivent ma demeure, M'anonça que chez moy vienderoient tant de beautéz J'ecrivis j'invitay sur l'heu Tout ce que jay d'amis chez les divinitéz. [] On ne m'obeit point. Bacchus est en Champagne Pan veut moins de sagesse, il cherche ailleurs son fait Mars n'a pas fini sa campagne Apollon pres de vous craind de paroistre laid. [] Amour, le seul amour me promet sa presence, Il viendra ; bien qu'il ait plus daffaires que touts Mais quoy quil donne d'asseurance, Je ne compte le voir arriver qu'avec vous. [] Alors par tant d'attraits ma demeure changée Deviendra des plesirs l'azile le plus doux Et ces dieux qui mont negligée Ne les apprendront point sans en estre jaloux. L'Académie française au fil des lettres, p. 28-31. On joint une P.S. par le maréchal de BASSOMPIERRE, contresignée par MALLEVILLE, Paris 26 février 1646 (1 page in-fol., cachet aux armes sous papier), pour aller « faire la monstre & reveue à la Compagnie franche suisse du Capne Stoppa estant en garnison à Rocroy »

Estimation
1 500 € - 2 000 €
Résultat
1 050 €
Frais de vente
30%
MALLEVILLE Claude de (1597-1647) poète, secrétaire du maréchal de Bassompierre, puis secrétaire du Roi ; il s'était opposé à la fondation de l'Académie, dont il fut cependant un membre fondateur [AF 1634, 8e f]. MANUSCRIT autographe, Epistre de la Nymphe des Fauves A Madame la Presidente Talon ; 3 pages in-4. Rarissime, le seul manuscrit connu de Malleville. Cette « épître aux allures de stances [] semble inédite. Cet aimable badinage est un bon exemple de la poésie mondaine et gracieuse qui fleurissait alors. Il ne figure cependant ni dans l'édition des Poésies de 1649, ni dans les recueils collectifs du temps, et n'a pas été recueilli non plus dans l'édition des OEuvres poétiques établie par Raymond Ortali (Didier, 1976, 2 vol.). Malleville, à qui l'on doit surtout des rondeaux, des sonnets, des stances et des élégies, n'a, à vrai dire, composé que peu de pièces de ce genre. Nous n'avons par ailleurs pu identifier exactement la dédicataire, qui appartenait, selon toute apparence, à la famille de l'avocat général Omer Talon (1595-1652). Précisons enfin que ce seul manuscrit est, sauf erreur, le seul manuscrit connu de Malleville, dont on ne connaît pas de lettres. » (Jean-Paul Goujon). Cette épître compte 16 quatrains. « J'interromps nostre course aimable Presidente Retournes, retournes dans vostre heureux sejour. C'est un Palais ou tout enchante, Je tremble a recevoir et vous et vostre Cour. Quand celle dont les soins cultivent ma demeure, M'anonça que chez moy vienderoient tant de beautéz J'ecrivis j'invitay sur l'heu Tout ce que jay d'amis chez les divinitéz. [] On ne m'obeit point. Bacchus est en Champagne Pan veut moins de sagesse, il cherche ailleurs son fait Mars n'a pas fini sa campagne Apollon pres de vous craind de paroistre laid. [] Amour, le seul amour me promet sa presence, Il viendra ; bien qu'il ait plus daffaires que touts Mais quoy quil donne d'asseurance, Je ne compte le voir arriver qu'avec vous. [] Alors par tant d'attraits ma demeure changée Deviendra des plesirs l'azile le plus doux Et ces dieux qui mont negligée Ne les apprendront point sans en estre jaloux. L'Académie française au fil des lettres, p. 28-31. On joint une P.S. par le maréchal de BASSOMPIERRE, contresignée par MALLEVILLE, Paris 26 février 1646 (1 page in-fol., cachet aux armes sous papier), pour aller « faire la monstre & reveue à la Compagnie franche suisse du Capne Stoppa estant en garnison à Rocroy »
Vente mardi 19 avril 2022・19:00 (Europe/Paris)
Lieu de vente à venir 7 rue Drouot 75009 Paris