FLAUBERT Gustave (1821-1880).
L.A.S. « Ton vieil oncle Gve Flaubert », [Croisset] Nuit de Lundi [10-11 juin 1878], à Caroline COMMANVILLE ; 2 pages in-8.
Touchante lettre à sa nièce aimée.
« Oui ! mon Loulou je commençais à trouver que tu m'oubliais un peu. Huit jours sans écrire à Vieux ! quelle conduite ! mais je te pardonne, sachant que tu es bien. Puisque tu te plais à Chinon, prquoi n'y pas rester jusqu'au 16 ? Profite des bons moments, ils sont rares. Que vas-tu faire ? & qu'allez-vous faire ? Vous me semblez bien incertains quant à vos projets de voyage ? J'imagine que tu vas d'abord voir un peu l'Exposition - & le Salon - bien entendu. Mais ensuite, iras-tu directement à Plombières, ou bien à Royat
- ou bien reviendras-tu dans le pauvre vieux Croisset - qui est maintenant très beau - & où je vous plains de ne pas être.
Le seul événement de ma semaine a été hier, ici, le dîner de Lapierre. Leur môme qu'ils m'ont amené, ne m'a pas diverti du tout - mais pas du tout. Son excès d'activité surexcitée par Julio [le chien] - & d'ailleurs bien naturelle à son âge comme dirait Prud'homme, m'empêchait de parler, me faisait battre le cœur. - Comment des parents sont-ils assez égoïstes pr infliger à leurs amis, des supplices pareils ! - mais il est convenu que les célibataires seuls, sont égoïstes ! - à 9 heures 1/4, je me suis retrouvé dans ma solitude avec plaisir - voilà le vrai.
Mes bonshommes [Bouvard et Pécuchet] se portent bien. Mais c'est peut-être leur faute - je ne dors pas assez. Pas plus de 5 heures la nuit, et à peine deux dans le jour. [...]
Aujourd'hui, fête à Dieppedalle, il a passé beaucoup de monde & de bateaux sous mes fenêtres. Comme j'avais tout à l'heure extrêmement froid aux pieds, je viens de me faire du feu ». Il l'embrasse...
Correspondance (Pléiade), t. V, p. 391 (incomplète).
Live vendredi 8 avril 2022・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°92

FLAUBERT Gustave (1821-1880). L.A.S. « Ton vieil oncle Gve Flaubert », [Croisset] Nuit de Lundi [10-11 juin 1878], à Caroline COMMANVILLE ; 2 pages in-8. Touchante lettre à sa nièce aimée. « Oui ! mon Loulou je commençais à trouver que tu m'oubliais un peu. Huit jours sans écrire à Vieux ! quelle conduite ! mais je te pardonne, sachant que tu es bien. Puisque tu te plais à Chinon, prquoi n'y pas rester jusqu'au 16 ? Profite des bons moments, ils sont rares. Que vas-tu faire ? & qu'allez-vous faire ? Vous me semblez bien incertains quant à vos projets de voyage ? J'imagine que tu vas d'abord voir un peu l'Exposition - & le Salon - bien entendu. Mais ensuite, iras-tu directement à Plombières, ou bien à Royat - ou bien reviendras-tu dans le pauvre vieux Croisset - qui est maintenant très beau - & où je vous plains de ne pas être. Le seul événement de ma semaine a été hier, ici, le dîner de Lapierre. Leur môme qu'ils m'ont amené, ne m'a pas diverti du tout - mais pas du tout. Son excès d'activité surexcitée par Julio [le chien] - & d'ailleurs bien naturelle à son âge comme dirait Prud'homme, m'empêchait de parler, me faisait battre le cœur. - Comment des parents sont-ils assez égoïstes pr infliger à leurs amis, des supplices pareils ! - mais il est convenu que les célibataires seuls, sont égoïstes ! - à 9 heures 1/4, je me suis retrouvé dans ma solitude avec plaisir - voilà le vrai. Mes bonshommes [Bouvard et Pécuchet] se portent bien. Mais c'est peut-être leur faute - je ne dors pas assez. Pas plus de 5 heures la nuit, et à peine deux dans le jour. [...] Aujourd'hui, fête à Dieppedalle, il a passé beaucoup de monde & de bateaux sous mes fenêtres. Comme j'avais tout à l'heure extrêmement froid aux pieds, je viens de me faire du feu ». Il l'embrasse... Correspondance (Pléiade), t. V, p. 391 (incomplète).

Estimation
1 200 € - 1 500 €
Résultat
1 488 €
Frais de vente
30%
FLAUBERT Gustave (1821-1880). L.A.S. « Ton vieil oncle Gve Flaubert », [Croisset] Nuit de Lundi [10-11 juin 1878], à Caroline COMMANVILLE ; 2 pages in-8. Touchante lettre à sa nièce aimée. « Oui ! mon Loulou je commençais à trouver que tu m'oubliais un peu. Huit jours sans écrire à Vieux ! quelle conduite ! mais je te pardonne, sachant que tu es bien. Puisque tu te plais à Chinon, prquoi n'y pas rester jusqu'au 16 ? Profite des bons moments, ils sont rares. Que vas-tu faire ? & qu'allez-vous faire ? Vous me semblez bien incertains quant à vos projets de voyage ? J'imagine que tu vas d'abord voir un peu l'Exposition - & le Salon - bien entendu. Mais ensuite, iras-tu directement à Plombières, ou bien à Royat - ou bien reviendras-tu dans le pauvre vieux Croisset - qui est maintenant très beau - & où je vous plains de ne pas être. Le seul événement de ma semaine a été hier, ici, le dîner de Lapierre. Leur môme qu'ils m'ont amené, ne m'a pas diverti du tout - mais pas du tout. Son excès d'activité surexcitée par Julio [le chien] - & d'ailleurs bien naturelle à son âge comme dirait Prud'homme, m'empêchait de parler, me faisait battre le cœur. - Comment des parents sont-ils assez égoïstes pr infliger à leurs amis, des supplices pareils ! - mais il est convenu que les célibataires seuls, sont égoïstes ! - à 9 heures 1/4, je me suis retrouvé dans ma solitude avec plaisir - voilà le vrai. Mes bonshommes [Bouvard et Pécuchet] se portent bien. Mais c'est peut-être leur faute - je ne dors pas assez. Pas plus de 5 heures la nuit, et à peine deux dans le jour. [...] Aujourd'hui, fête à Dieppedalle, il a passé beaucoup de monde & de bateaux sous mes fenêtres. Comme j'avais tout à l'heure extrêmement froid aux pieds, je viens de me faire du feu ». Il l'embrasse... Correspondance (Pléiade), t. V, p. 391 (incomplète).
Vente vendredi 8 avril 2022・14:00 (Europe/Paris)
Salle 3 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris