FLAUBERT Gustave (1821-1880).
L.A.S. « ton G. », Mercredi soir [4 janvier 1854], à Louise COLET ; 3 pages in-8.
Il répond aux reproches de sa maîtresse : « à moins que de s'écrire tous les jours, je ne vois guères moyen de s'écrire plus souvent. Ttu as dû avoir une lettre de moi samedi. - dimanche le paquet du Crocodile [Victor HUGO], dont tu ne m'as pas même fait la gracieuseté de m'accuser réception. - & ce matin tu as dû avoir encore une lettre écrite avant-hier. Si je n'ai rien mis dans le paquet de H. [Hugo], c'est qu'il était déjà fort gros. Cependant, pour ne point me borner au simple rôle de facteur, j'y avais intercalé un petit bout de papier sur lequel je t'embrassais. Muse ! Muse ! qu'as-tu donc ? quel vent te souffle en tête ? qu'est-ce qui t'agite si fort ? pourquoi ? qu'y a-t-il de changé entre nous deux ? À propos du Crocodile, je te préviens qu'il m'avertit lui-même de prendre garde. Un homme de St Malo, dont il me cite le nom (Aubain), a été condamné à 3 ans de prison pr avoir été surpris ayant un volume des Poésies dans sa poche. - Aussi je t'engage fort à n'en colporter aucune & à les garder pr toi. Je me doute parfaitement que tu ne suivras pas l'avis. Réfléchis-y cependent - on peut tout par le temps qui court & on n'a d'egard à rien, ni p rien.
Je viens de passer ces trois jours-ci à faire quatre à cinq corrections qui m'ont beaucoup embêté - B. [Bouilhet] les juge finies. Mais il faut revoir tout cela à froid.
Samedi & dimanche se passeront pr moi à piocher la Servante. Tu auras mardi soir un volume de commentaires. Rien de neuf - dégel, pluie, brouillard. Le mois de janvier se passe pr moi sans visites, ce dont je bénis la Providence. Adieu, je t'embrasse »...
Correspondance (Pléiade), t. II, p. 499.
Live vendredi 8 avril 2022・14:00 (Europe/Paris)
Lot n°70

FLAUBERT Gustave (1821-1880). L.A.S. « ton G. », Mercredi soir [4 janvier 1854], à Louise COLET ; 3 pages in-8. Il répond aux reproches de sa maîtresse : « à moins que de s'écrire tous les jours, je ne vois guères moyen de s'écrire plus souvent. Ttu as dû avoir une lettre de moi samedi. - dimanche le paquet du Crocodile [Victor HUGO], dont tu ne m'as pas même fait la gracieuseté de m'accuser réception. - & ce matin tu as dû avoir encore une lettre écrite avant-hier. Si je n'ai rien mis dans le paquet de H. [Hugo], c'est qu'il était déjà fort gros. Cependant, pour ne point me borner au simple rôle de facteur, j'y avais intercalé un petit bout de papier sur lequel je t'embrassais. Muse ! Muse ! qu'as-tu donc ? quel vent te souffle en tête ? qu'est-ce qui t'agite si fort ? pourquoi ? qu'y a-t-il de changé entre nous deux ? À propos du Crocodile, je te préviens qu'il m'avertit lui-même de prendre garde. Un homme de St Malo, dont il me cite le nom (Aubain), a été condamné à 3 ans de prison pr avoir été surpris ayant un volume des Poésies dans sa poche. - Aussi je t'engage fort à n'en colporter aucune & à les garder pr toi. Je me doute parfaitement que tu ne suivras pas l'avis. Réfléchis-y cependent - on peut tout par le temps qui court & on n'a d'egard à rien, ni p rien. Je viens de passer ces trois jours-ci à faire quatre à cinq corrections qui m'ont beaucoup embêté - B. [Bouilhet] les juge finies. Mais il faut revoir tout cela à froid. Samedi & dimanche se passeront pr moi à piocher la Servante. Tu auras mardi soir un volume de commentaires. Rien de neuf - dégel, pluie, brouillard. Le mois de janvier se passe pr moi sans visites, ce dont je bénis la Providence. Adieu, je t'embrasse »... Correspondance (Pléiade), t. II, p. 499.

Estimation
1 500 € - 2 000 €
Résultat
2 636 €
Frais de vente
30%
FLAUBERT Gustave (1821-1880). L.A.S. « ton G. », Mercredi soir [4 janvier 1854], à Louise COLET ; 3 pages in-8. Il répond aux reproches de sa maîtresse : « à moins que de s'écrire tous les jours, je ne vois guères moyen de s'écrire plus souvent. Ttu as dû avoir une lettre de moi samedi. - dimanche le paquet du Crocodile [Victor HUGO], dont tu ne m'as pas même fait la gracieuseté de m'accuser réception. - & ce matin tu as dû avoir encore une lettre écrite avant-hier. Si je n'ai rien mis dans le paquet de H. [Hugo], c'est qu'il était déjà fort gros. Cependant, pour ne point me borner au simple rôle de facteur, j'y avais intercalé un petit bout de papier sur lequel je t'embrassais. Muse ! Muse ! qu'as-tu donc ? quel vent te souffle en tête ? qu'est-ce qui t'agite si fort ? pourquoi ? qu'y a-t-il de changé entre nous deux ? À propos du Crocodile, je te préviens qu'il m'avertit lui-même de prendre garde. Un homme de St Malo, dont il me cite le nom (Aubain), a été condamné à 3 ans de prison pr avoir été surpris ayant un volume des Poésies dans sa poche. - Aussi je t'engage fort à n'en colporter aucune & à les garder pr toi. Je me doute parfaitement que tu ne suivras pas l'avis. Réfléchis-y cependent - on peut tout par le temps qui court & on n'a d'egard à rien, ni p rien. Je viens de passer ces trois jours-ci à faire quatre à cinq corrections qui m'ont beaucoup embêté - B. [Bouilhet] les juge finies. Mais il faut revoir tout cela à froid. Samedi & dimanche se passeront pr moi à piocher la Servante. Tu auras mardi soir un volume de commentaires. Rien de neuf - dégel, pluie, brouillard. Le mois de janvier se passe pr moi sans visites, ce dont je bénis la Providence. Adieu, je t'embrasse »... Correspondance (Pléiade), t. II, p. 499.
Vente vendredi 8 avril 2022・14:00 (Europe/Paris)
Salle 3 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris