CLEMENCEAU, Georges MANUSCRIT autographe, Descendance directe, [vers le 18 avril 1914] ; 4 pages in-4 au dos de feuillets à en-tête Sénat. Bel article politique, publié dans L’Homme libre du 18 avril 1914, rapprochant du boulangisme « le mouvement de recul » dirigé par les anciens ministres Briand, Millerand et Barthou. Malgré des différences superficielles, un rapport de parenté relie les deux opérations, et le personnel est identique : « toute la réaction. À la vérité le duc d’Orléans ne donne pas de sa personne, comme a fait le Comte de Paris. Il est bien trop occupé à nous faire acheter sa forêt d’Eu. Cependant, tous ses hommes, au Parlement, sont entrés dans la partie. Dans la presse, M. Arthur Meyer qui dit si joliment que son royalisme est son luxe, pour marquer qu’il pratique en chrétien, le pardon des injures, apporte, sans abaisser le fanion royal, son concours au triumvirat. Le prince Victor continue de manifester »… Faisant allusion à Barrès et Poincaré, au pape et ses curés, et à l’idée alléchante d’une reprise de relations diplomatiques avec le Vatican, Clemenceau estime que ce triumvirat a la même troupe antirépublicaine que Boulanger, et il accuse BRIAND, ancien candidat du général Boulanger, « le syndic des mécontents », de vouloir « reboulangiser » : en témoigne son agression, comme Président du Conseil, contre la majorité républicaine à Périgueux… Puis « BARTHOU tombe, et du même coup je vois choir sur nous une crise de “mécontentement”, comme, depuis le général à barbe blonde, nous n’en avons pas connue. Hourvari général, explosion de fureurs, cris d’animaux. Ce fut le déchaînement calibanesque de toutes les passions exaspérées »… Comme Boulanger, Briand n’admet pas de discussion sur le « trou » dans lequel nous serions tombés : « ils essayent, l’un et l’autre, d’exploiter le patriotisme à leur façon : le premier, en parade de cirque ; le second, en feignant de croire que la loi de trois ans est menacée. Le propre du patriotisme est de se résumer en leur
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CLEMENCEAU, Georges
MANUSCRIT autographe, Descendance directe, [vers le 18 avril 1914] ; 4 pages in-4 au dos de feuillets à en-tête Sénat.
Bel article politique, publié dans L’Homme libre du 18 avril 1914, rapprochant du boulangisme « le mouvement de recul » dirigé par les anciens ministres Briand, Millerand et Barthou. Malgré des différences superficielles, un rapport de parenté relie les deux opérations, et le personnel est identique : « toute la réaction. À la vérité le duc d’Orléans ne donne pas de sa personne, comme a fait le Comte de Paris. Il est bien trop occupé à nous faire acheter sa forêt d’Eu. Cependant, tous ses hommes, au Parlement, sont entrés dans la partie. Dans la presse, M. Arthur Meyer qui dit si joliment que son royalisme est son luxe, pour marquer qu’il pratique en chrétien, le pardon des injures, apporte, sans abaisser le fanion royal, son concours au triumvirat. Le prince Victor continue de manifester »… Faisant allusion à Barrès et Poincaré, au pape et ses curés, et à l’idée alléchante d’une reprise de relations diplomatiques avec le Vatican, Clemenceau estime que ce triumvirat a la même troupe antirépublicaine que Boulanger, et il accuse BRIAND, ancien candidat du général Boulanger, « le syndic des mécontents », de vouloir « reboulangiser » : en témoigne son agression, comme Président du Conseil, contre la majorité républicaine à Périgueux… Puis « BARTHOU tombe, et du même coup je vois choir sur nous une crise de “mécontentement”, comme, depuis le général à barbe blonde, nous n’en avons pas connue. Hourvari général, explosion de fureurs, cris d’animaux. Ce fut le déchaînement calibanesque de toutes les passions exaspérées »… Comme Boulanger, Briand n’admet pas de discussion sur le « trou » dans lequel nous serions tombés : « ils essayent, l’un et l’autre, d’exploiter le patriotisme à leur façon : le premier, en parade de cirque ; le second, en feignant de croire que la loi de trois ans est menacée. Le propre du patriotisme est de se résumer en leur
Vente
vendredi 13 mars 2020・14:00 (Europe/Paris)
Salle 6 - Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris