Paul VERLAINE (1844-1896)

Manuscrit aut. signé. S.l.n.d. (1894). 3 ff. ½ grand in-8, qqs ratures et corrections dont au titre, feuillets numérotés 1-4, montés et reliés, bradel demi-maroquin brun, titre doré (reliure moderne).
Premier jet du manuscrit en prose de Verlaine intitulé «Conte pédagogique», avec importantes variantes notamment à partir du 3ème feuillet (et une curieuse référence inédite, à «Lucifer»).
Destiné pour le Figaro, le manuscrit fut finalement confié par Verlaine à Vanier qui le publiera dans les oeuvres posthumes du poète.
Il y avait une fois, - quelle fois? - dans une grande ville, - quelle grande ville? - trop d'enfants. Ces enfants, en outre, étaient trop sages. Les parents ne s'en plaignaient pas, tant s'en faut (...). Mais l'Etat voyait cela d'un mauvais oeil et ne connut de cesse qu'il n'eût tiré, (d'où?) un affreux bonhomme à grosses moustaches grisonnantes cirées sur les lèvres sèches comme du parchemin et sous des yeux à peine visibles à cause de sourcils noirs en broussailles et qu'on devinait, qu'on sentait méchants, et qui boitait des plus disgracieusement dont on fit l'éducateur public en chef de la ville. Bientôt les enfants n'obéirent plus (...). L'Etat essaya bien de résister, mais cette révolution était invincible, ayant été lente et pacifique. On congédia le grand Educateur (...). Toujours est-il qu'au bout de peu de temps, il y eut en effet, un changement pour le mal! Ô dans un tout autre genre (...). Cette fois-ci, les enfants (...) ne s'occupaient que d'arts d'agréments. (...)
L'opposition muette et inactive durant toute la prime jeunesse de cette génération tiède, molle, indifférente et au fond méchamment sceptique, se réveilla (...). Etc.
Live Friday 29 June 2018・14:00 (Europe/Paris)
Lot no. 50

Paul VERLAINE (1844-1896) Manuscrit aut. signé. S.l.n.d. (1894). 3 ff. ½ grand in-8, qqs ratures et corrections dont au titre, feuillets numérotés 1-4, montés et reliés, bradel demi-maroquin brun, titre doré (reliure moderne). Premier jet du manuscrit en prose de Verlaine intitulé «Conte pédagogique», avec importantes variantes notamment à partir du 3ème feuillet (et une curieuse référence inédite, à «Lucifer»). Destiné pour le Figaro, le manuscrit fut finalement confié par Verlaine à Vanier qui le publiera dans les oeuvres posthumes du poète. Il y avait une fois, - quelle fois? - dans une grande ville, - quelle grande ville? - trop d'enfants. Ces enfants, en outre, étaient trop sages. Les parents ne s'en plaignaient pas, tant s'en faut (...). Mais l'Etat voyait cela d'un mauvais oeil et ne connut de cesse qu'il n'eût tiré, (d'où?) un affreux bonhomme à grosses moustaches grisonnantes cirées sur les lèvres sèches comme du parchemin et sous des yeux à peine visibles à cause de sourcils noirs en broussailles et qu'on devinait, qu'on sentait méchants, et qui boitait des plus disgracieusement dont on fit l'éducateur public en chef de la ville. Bientôt les enfants n'obéirent plus (...). L'Etat essaya bien de résister, mais cette révolution était invincible, ayant été lente et pacifique. On congédia le grand Educateur (...). Toujours est-il qu'au bout de peu de temps, il y eut en effet, un changement pour le mal! Ô dans un tout autre genre (...). Cette fois-ci, les enfants (...) ne s'occupaient que d'arts d'agréments. (...) L'opposition muette et inactive durant toute la prime jeunesse de cette génération tiède, molle, indifférente et au fond méchamment sceptique, se réveilla (...). Etc.

Estimate
€1,200 - €1,800
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Paul VERLAINE (1844-1896) Manuscrit aut. signé. S.l.n.d. (1894). 3 ff. ½ grand in-8, qqs ratures et corrections dont au titre, feuillets numérotés 1-4, montés et reliés, bradel demi-maroquin brun, titre doré (reliure moderne). Premier jet du manuscrit en prose de Verlaine intitulé «Conte pédagogique», avec importantes variantes notamment à partir du 3ème feuillet (et une curieuse référence inédite, à «Lucifer»). Destiné pour le Figaro, le manuscrit fut finalement confié par Verlaine à Vanier qui le publiera dans les oeuvres posthumes du poète. Il y avait une fois, - quelle fois? - dans une grande ville, - quelle grande ville? - trop d'enfants. Ces enfants, en outre, étaient trop sages. Les parents ne s'en plaignaient pas, tant s'en faut (...). Mais l'Etat voyait cela d'un mauvais oeil et ne connut de cesse qu'il n'eût tiré, (d'où?) un affreux bonhomme à grosses moustaches grisonnantes cirées sur les lèvres sèches comme du parchemin et sous des yeux à peine visibles à cause de sourcils noirs en broussailles et qu'on devinait, qu'on sentait méchants, et qui boitait des plus disgracieusement dont on fit l'éducateur public en chef de la ville. Bientôt les enfants n'obéirent plus (...). L'Etat essaya bien de résister, mais cette révolution était invincible, ayant été lente et pacifique. On congédia le grand Educateur (...). Toujours est-il qu'au bout de peu de temps, il y eut en effet, un changement pour le mal! Ô dans un tout autre genre (...). Cette fois-ci, les enfants (...) ne s'occupaient que d'arts d'agréments. (...) L'opposition muette et inactive durant toute la prime jeunesse de cette génération tiède, molle, indifférente et au fond méchamment sceptique, se réveilla (...). Etc.
Sale Friday 29 June 2018・14:00 (Europe/Paris)
Salle 1 - Hôtel Drouot 9, rue Drouot 75009 Paris